Printemps

Il y a un regain de fraicheur cette semaine, avec quelques gouttes de pluies.

Le parc de South Mountain est touours aussi aride, après tout nous sommes dans le désert, mais la faune et la flore prospèrent autant qu’elles peuvent, comme ce saguaro en fleur.

A l’automne nous avions vu deux coyotes qui cavalaient joyeusement dans les vallées et un lézard à queue orange qui n’existe qu’à cet endroit.

Sécession: Ore-gone?

Sept comtés ruraux de l’Orégon ont voté en faveur d’un déplacement des frontières qui les rattacherait à l’Idaho, état conservateur plus en phase avec leurs opinions politiques que l’Orégon démocrate. Les Citizens for Greater Idaho ont peu de chance d’arriver à leurs fins, car il faudrait que les 36 comtés se prononcent pour, ainsi que les législatures de l’Oregon et de l’Idaho et le Congrès au niveau fédéral.

Le comté de Malheur (c’est son nom), qui se trouve non loin de la capitale de l’Idaho, Boise, l’a approuvé de justesse car cette année les rentrées fiscales ont bondi grâce aux ventes de cannabis d’un montant de $10 millions. Le cannabis est légal en Oregon mais pas dans l’Idaho.

Politiquement, l’Orégon ne serait pas fâché de se débarrasser de ces comtés à bas revenus qui votent Trump, tandis que l’Idaho augmenterait significativement son territoire et sa population, et gagnerait un accès à l’océan, au sud d’Eugene. Même dans ces comtés le revenu moyen est plus élevé que celui de l’Idaho.

Les plus audacieux imaginent aussi inclure les comtés conservateurs du nord de la Californie dans ce remodelage des états.

Dilemme

La Caroline du Sud est confrontée à de nouveaux problèmes. La difficulté à se procurer les produits nécessaires à l’exécution des peines de mort a conduit à voter une nouvelle loi qui donne le choix aux condamnés entre la chaise électrique, vieille de 109 ans, et le peloton d’excécution. Dans cet état il n’y a pas de loi qui protège l’identité des entreprises qui fabriquent ces produits. Seuls le Mississippi, l’Utah et l’Oklahoma ont recours au peloton, qui est considéré plus humain que la chaise électrique. Avant cette loi le choix était entre l’injection léthale et la chaise électrique, et depuis dix ans l’exécution des peines était suspendue faute de produits, car personne ne choisissait la chaise.

Deux prisonniers ont par conséquent attaqué l’état en justice car le choix du peloton n’existait pas quand ils ont été condamnés à mort.

Les mauvaises langues disent que la loi est une manoeuvre des républicains pour courtiser la base fidèle de Donald Trump pour qui, sur les réseaux sociaux, il est le meilleur président que la pays a jamais eu.

Nouvelles de QAnon et rituels sataniques

Un des thèmes de QAnon est que de hauts responsables démocrates se livrent à l’exploitation sexuelle d’enfants dans des lieux souterrains – c’est dire l’étendue de leur turpitude – et/ou à des rituels sataniques qui impliquent aussi la torture, le sexe et des enfants.

il est intéressant de savoir que dans les années 80 il y a eu aux Etat-Unis une vague de « panique satanique ». Les objets de ces accusations étaient les day-care centers, les crèches, encore peu nombreuses mais qui marquaient une mutation dans l’organisation de la société qui voyait de plus en plus de femmes travailler et mettre leur enfant à la crèche. Le sujet était immensément populaire et les media ont multiplié les histoires scabreuses.

Le procès de Ray Buckey, enseignant à la crèche Virginia McMartin à Manhattan Beach en Californie dura sept ans et coûta 15 millions de dollars, sans qu’on parvienne jamais à trouver les tunnels où les enfants déclaraient avoir été molestés et forcés à prendre part à des rituels sataniques. Pendant ce temps la contagion sociale avait engendré des témoignages de centaines d’enfants rapportant des expérience similaires, des psychologues se spécialisaient dans la reconnaissance des signes de rituels sataniques, même les policiers étaient sensibilisés aux implications sataniques des crimes qu’ils rencontraient.

La version de QAnon bénéficie de l’effet mutiplicateur des réseaux sociaux, et ajoute sa touche personnelle en présentant Donald Trump comme le seul capable de se dresser contre cette vaste entreprise d’esclavage sexuel des enfants. Néanmoins on n’entend plus beaucoup ce dernier, malgré son emprise certaine sur le parti républicain, et il semble que les théories complotistes de ce genre tendent à s’effondrer quand il devient évident que rien ne vient les étayer. Le satanisme titille les esprits mais peine à s’imposer devant les faits.

Il ne faut cependant pas sous-estimer la propension américaine à croire aux forces du diable. Hawthorne est un des meilleurs auteurs, un des premiers et des grands de la littérature américaine à avoir saisi ce courant fondateur de cette culture. C’était vrai au XIXe siècle, vrai dans les années 80, non sans pertinence aujourd’hui. Satan est bien pratique pour rendre compte des tensions et des contradictions auxquelles nous sommes confrontés.

Palm Canyon

Dans l’est de l’Arizona, particulièrement aride, comme on voit sur ces photos, la plaine est parsemée de reliefs et de massifs dus à d’anciennes activités volcaniques.

À partir de ce parking on s’engage dans Palm Canyon, dont les parois tourmentées se dressent devant vous.

Le but de la promenade, d’un ou deux kilomètres, est la curiosité qui donne son nom au canyon.

C’est le seul endroit d’Arizona où des palmiers poussent naturellement, dans une anfractuosité du rocher qui leur donne sans doute une ombre bienvenue et suffisamment d’eau de ruissellement pour qu’une petite forêt se soit développée. On ne sait pas comment ils sont arrivés là, des graines passées par des déjections d’oiseaux venus de Californie ou flore rescapée de temps géologiques anciens.

Bas les masques!

Le CDC a annoncé que les personnes vaccinées pouvaient désormais se rendre sans masque dans la plupart des lieux. Un bon pourcentage de la population était convaincu qu’ils ne servaient à rien.

La présentatrice de Fox News a commenté l’annonce en disant que Fauci, le porte-parole qui fait l’interface entre les scientifiques et les politiques et dispense des conseils depuis le début de la pandémie, passait son temps à raconter des absurdités (la preuve, avant il fallait des masques et maintenant il n’en faut plus).

Cela me laisse songeuse, quand j’entends des gens comme elle traiter un médecin reconnu et respecté (quoiqu’en disent les media républicains et leur audience) d’imbécile et d’incompétent. Au mieux, cela prouve qu’ils n’ont pas le sens du ridicule, puisqu’ils brandissent leur opinion basée sur leur ignorance, ou plutôt sur leur idéologie, face à des spécialistes chevronnés. Au pire, il se pourrait qu’ils vivent dans une réalité alternative où le discours rationnel n’a pas cours.

Je me rappelle avoir entendu un monsieur décrier la façon dont l’histoire était enseignée (sous-entendu non conforme aux valeurs patriotiques/républicaines), et dire qu’il aimerait aller dans les écoles pour expliquer aux enfants la vérité historique, et m’être retenue de lui demander ce qu’il pourrait bien raconter de plus intéressant que des historiens qui passent leur vie à étudier leur sujet. Peut-être est-ce un effet de l’anti-intellectualisme qui court dans la société américaine? Plutôt que d’avouer qu’on ne sait pas grand-chose, revendiquer avec fierté ses insuffisances culturelles? Je crains hélas que les protestantisme américain tende à verser dans ce travers, en s’abritant derrière la Bible pour éviter de penser les questions complexes – toutes les réponses étant déjà gravées dans le marbre. Pourquoi se fatiguer à la lire quand on peut se faire photographier avec le livre devant une église pour déclarer son pedigree spirituel?

En effet ses lecteurs assidus savent qu’elle est pétrie de contradictions et de tensions dues à ses multiples couches de rédaction et à sa profondeur historique dont des pans entiers nous échappent. C’est plus simple de faire un résumé qui lisse les incohérences, que l’on passe à la trappe en disant que c’est un mystère et qu’il ne faut pas chercher à tout comprendre (anti-intellectualisme).

Au prochain numéro il faudra que j’explique pourquoi il faut la lire. Il y a de bibliothèques entières sur le sujet.

Arboretum, les succulents

Cette famille de plante intrigue par ses formes souvent étranges et proliférantes, et par les noms qu’elles ont inspirés.

Bunny ear cactus

Les cactus sont souvent très « stylés », de par la géométrie et la rigueur de leurs lignes.

Mais pas toujours.

Ils s’étalent ou se projettent vers le ciel avec une inventivité confondante.

Agave Ocahui

Une grande partie sont des variations sur les agaves, les yuccas et les figuiers de barbarie (prickly pears cactus). Celui-ci se distingue par sa couleur violâtre (purplish).

À ne pas confondre avec le même en vert à l’arrière plan, tous couverts de fruits épineux.

Arboretum, la culture

Au détour d’un chemin, il arrive qu’on découvre une installation qui évoque d’autres horizons. Comme celle-ci, annoncée par une musique indienne.

The Little Ones

Pour rappeler que plusieurs cultures indigènes ont habité cette région de Queen Creek.

Ou celle-la.

Do you hear what I hear?

Le parc est parsemé de ces blocs bleus et turquoise d’azurite et de malachite, dont 22 tonnes lui ont été données en mémoire de Ruthie A. Preston par son mari et son fils.

Ailleurs, dans la partie dévolue à la flore australienne, on a construit the wool drovers’shed, une reproduction d’un habitat des drovers, l’équivalent australiens des cowboys, qui conduisaient des troupeaux de milliers (millions?) de moutons.

If he follows me home, can we keep ’em, Pa?
Plutôt long comme titre pour une oeuvre d’art, mais on comprend.

Les eucalyptus sont authentiques.

Arboretum, les animaux

Toute cette végétation est une aubaine pour la faune, les oiseaux gazouillent et s’ébattent dans les branches. Pas facile de les photographier mais un couple de cardinaux ressortait très bien sur le vert.

On a vu aussi un lapin et un écureuil, qui s’est figé la tête à l’ombre et le corps au soleil.

J’ai entendu un bruit qui ressemblait au cliquetis d’un serpent à sonnette mais je n’ai rien vu.

Arboretum, les fleurs

Pour la veille de la fête des mères, qui est ici ce dimanche, je me suis offert une promenade au Boyce Thompson Arboretum, qui constitue une oasis dans le désert à 50 minutes de Chandler. Malgré les conditions désertiques, son personnel parvient à faire prospérer une variété impressionnante de plantes parmi lesquelles, évidemment, les succulents ont une place de choix. Ils savent aussi mettre en valeur le cadre géologique et créent des sentiers qui ménagent le suspens. De plus en plus ils ajoutent des éléments culturels et historiques pour enrichir l’expérience des promeneurs.

Pour bien profiter du lieu nous sommes arrivés à 8 heures car même avec une bonne couverture végétale qui fournit une ombre bienvenue, la température monte rapidement.

Dans ce billet, je mettrai quelques photos de fleurs.

Une partie de Wallace Garden est consacrée au rosiers, qui ont été transplantés il y a quelques années d’un jardin d’un collectionneur de Scottsdale.

Le mimosa mexicain ressemble de très loin à son cousin provençal, et n’est guère qu’un buisson aux fleurs délicates en pompoms.

Mimosa martindelcampoi ou Bauhinia-leaf mimosa

Les innombrables variétés de Figuiers de Barbarie peuvent prendre des proportions imposantes.

Ce n’est pas parce qu’on rampe sur le sol qu’on ne peut pas se permettre les couleurs vives.