Car Show

Pour motiver la clientèle masculine, les églises doivent faire preuve de créativité. Par exemple organiser une exposition gratuite de voitures de collections, avec un petit air de fête.

Que de variété dans les formes, les tailles et les couleurs!

Le vilain

J’ai conscience que toute enquête est susceptible d’être dénoncée comme une tentative malhonnête de décrédibilisation, mais celle-là me plait bien.

Mark Meadows, directeur de cabinet de Donald Trump, est soupçonné d’avoir donné pour s’inscrire sur les listes électorales en 2020 une adresse où il n’a jamais mis les pieds, ce qui selon la loi est une « felony » (un crime). Il s’agit d’un mobile home qu’il a loué en Caroline du Nord, à Scaly Mountain. Il a été élu dans cet état avant de se démettre de ses fonctions pour devenir directeur de cabinet au printemps 2020. Il fait partie de ceux qui clament que l’élection présidentielle était frauduleuse. Il a l’air d’avoir été au cœur du système, et de savoir de quoi il parle.

En observant ce qui se passe autour de moi, il apparaît qu’il y a un mouvement général pour accuser les autres de ce qu’on fait soi-même. Si on vous le fait remarquer, niez tout. Un bon exemple est l’attaque sur le Capitole. Ce n’était pas une insurrection, et d’ailleurs c’était un coup de l’extrême gauche, c’est à dire les Démocrates. Je refuse le résultat de l’élection menée démocratiquement, mais c’est l’autre parti qui menace la Constitution. Maintenant que j’y pense, un autre bon exemple en ce moment est l’Ukraine. J’envahis un pays parce qu’il nourrit de mauvaises intentions à mon égard.

J’ai une idée géniale. Puisque l’Ukraine est le berceau de la civilisation russe, Poutine devrait démissionner et reconnaître que Zelensky comme président de la Russie. Ce serait un juste retour de l’histoire, si précieuse à ses yeux.

Depuis soixante ans Chicago déverse pour cette fête de la teinture verte dans la rivière qui traverse la ville. À l’origine de cette tradition se trouve un épisode peu glorieux de pollution.

En 1955 le nouveau maire Richard J. Daley avait décidé de développer le prestige du front de lac, mais les activités industrielles, dont les fameux abattoirs, déversaient quantités de déchets plus ou moins toxiques dans les cours d’eaux de la ville. L »un des affluents s’appelait Bubbly Creek à cause des bulles de méthanes qui en résultaient. Des usines de traitement de l’eau avaient été construites, ainsi qu’un canal qui inversait le courant pour amener l’eau du lac Michigan dans la bouche de la rivière. Finalement de la teinture fut utilisée pour déterminer la source de la pollution.

Au départ Daley avait envie de teinter une partie du lac Michigan en vert pour la Saint Patrick, mais il parut plus pratique de teinter la rivière.

C’est la Saint Patrick

Pétrole et investissements

Il ne vous a pas échappé que l’inflation se voit pousser des ailes, et rien ne frappe plus l’imagination que le prix de l’essence, surtout dans un pays où les véhicules individuels, de préférence gros, sont les rois des moyens de transport. Cette thématique peut donner lieu à des approximations sur le plan économique, comme ce message sur un T-shirt, « Vous avez voté Biden, vous me devez de l’argent pour l’essence ». À croire que le président des États-Unis maîtrise le prix du pétrole dans le monde entier. C’est parce que les Démocrates refusent de reprendre l’exploitation des ressources américaines en pétrole. L’idée est que ces maudits écolos ont réussi à convaincre une grande partie de l’opinion de la réalité du changement climatique, et que l’argent des investisseurs se détournent de l’industrie pétrolière, ce dont des états comme le Texas se trouvent grandement marris.

Heureusement qu’il y a des gens pour défendre les intérêts des pétroliers, au Texas justement. Jason Isaacs, un ancien député, qui préside actuellement un think-tank opposé aux mesures environnementales, le Texas Public Policy Foundation, a concocté un projet de loi qui interdit au Texas de faire affaire avec des groupes financiers tournant le dos aux énergies fossiles et aux industries qui les exploitent. Ce projet est devenu loi l’année dernière. Le Congrès n’a pas dû être très difficile à convaincre.

Concrètement cela veut dire que le Texas devrait retirer ses investissements qui servent à financer les retraites ou les établissements scolaires, par exemple, de ces groupes, pour les inciter à revenir sur leurs engagements en faveur de la transition écologique.

On ne sait pas si ces pressions seront efficaces, mais les retours sur investissements dans l’industrie pétrolière et gazière sont bas depuis longtemps, nonobstant les prix actuels élevés. En continuant à y investir, les groupes financiers font peut-être une mauvaise affaire, et par ricochet le Texas pourrait voir ses investissements ne pas lui rapporter suffisamment pour financer ses services publics. D’ailleurs quelle idée d’appuyer ceux-ci sur l’impôt!

Le dynanisme de Chandler

Lundi Chandler a eu la visite de Jill Biden, la femme de Joe. L’Arizona est un état qui peut basculer d’un côté ou de l’autre et pourrait être déterminant dans les élections de l’automne.

Elle s’est rendue à Chandler pour visiter des usines de puces électroniques, qui jouent un rôle important dans l’économie de l’Arizona, dont le climat se prête particulièrement bien à cette industrie. Intel, qui est venu s’installer en 1980, y a déjà quatre sites et a promis d’investir 20 milliards de $ pour développer et moderniser son activité.

Cela devrait entrainer des créations d’emplois et un afflux supplémentaire d’habitants, ce qui implique des conséquences parfois difficiles à gérer. Le coût des logements est en augmentation rapide et la pénurie menace. D’autre part une étude récente a montré que le sud-ouest connaît la sécheresse la plus grave depuis 1200, et l’on se demande où l’on va trouver l’eau nécessaire pour accompagner une urbanisation en pleine expansion.

Nominalisme

Le monde animal est souvent convoqué malgré lui dans les affaires humaines.

Dans un élan de solidarité la FIFe (Fédération Internationale Féline) a annoncé l’exclusion des chats russes des expositions qu’elle organise. Ils n’ont pas été consultés et nous ne savons pas s’ils soutiennent ou pas l’agression contre l’Ukraine.

Dans un tout autre registre les entomologistes ont décidé de renommer un insecte dont la larve ravage les forêts à feuilles caduques des États-Unis depuis le début du XIXe siècle. Le « gypsy moth » s’appellera désormais « spongy moth », en français « la spongieuse », en raison de l’aspect spongieux de ses grappes d’oeufs.

C’est le relent raciste de ce nom pas très scientifique, en gros le papillon tzigane, qui justifie ce changement. Jusqu’à très récemment on pouvait se permettre d’ignorer l’effet déshumanisant qu’un nom associant un groupe humain à un insecte nuisible pouvait avoir. Les propagandes racistes l’ont toujours su et en ont fait abondamment usage. Il a aussi toujours préparé le terrain à des actions plus concrètes, de façon insidieuse car il est toujours possible de le nier ou d’en minimiser la portée. Comme la préparation d’une agression, peut-être? À qui pourrais-je bien penser?

Je suis parfois sceptique sur le pouvoir de changer la réalité en changeant le langage. Cependant il faut bien reconnaître que les mots façonnent nos pensées et que leur usage relève de notre responsabilité collective. La spongieuse continuera sa progression, malheureusement, mais elle le fait sans arrière-pensée, et nous pourrons parler d’elle sans colporter des notions suspectes.

Merveilleux?

Que penser de la magie? Je viens d’un monde où l’on voit avec condescendance les croyances et les superstitions qui semblent appartenir à un autre âge, celui des « primitifs ». Il existe toute une littérature sur le sujet, y compris pour corriger le positivisme européen qui, convaincu de sa supériorité, observe les pratiques magiques d’un air détaché et en rejette la pertinence.

On n’a pourtant pas besoin de regarder très loin pour voir que les formes mentales qui accueillent la pensée magique sont assez répandues. Tel pasteur, il y a déjà longtemps, en France, racontait qu’un homme lui avait demandé à la sortie du culte s’il pouvait avoir le reste du vin utilisé pour la communion pour réaliser un rituel satanique. Il ne savait sans doute pas que les protestants ne font pas dans la transsubstantiation, et que le vin qui reste, s’il n’est pas bu, finit dans l’évier. Depuis covid la question ne se pose guère plus car avec les coupelles individuelles jetables il n’y a plus de coupe commune. Des amies à qui je racontais l’histoire ne trouvaient pas absurde que ce vin soit investi d’un pouvoir susceptible d’être détourné dans une utilisation malfaisante. Donc prudence, même si l’on ne pratique pas la magie. Il est vrai qu’elles étaient d’origine catholique.

Mon insouciance quant à la question m’est revenue en pleine figure quand hier dans un groupe, une dame a partagé un message d’un pasteur d’Ukraine racontant longuement que les bombes et les balles qui les arrosaient manquaient mystérieusement leur cible, et que les chars se trouvaient bloqués grâce à une intervention divine. Tout le monde a acquiescé d’un air grave, devant la preuve de la puissance et de la bonté de Dieu. Devant un récit de miracle tout esprit critique est immédiatement aboli. Allez essayer de dire que des centaines d’Ukrainiens sont déjà morts et que l’armée russe a des problèmes de logistique!

Et je ne vous dis rien de Satan, qui se porte bien. Mon désarroi (on ne se défait pas si facilement de ses habitudes de pensée) a fait place à une fascination pour ces mécanismes psychologiques qui rendent compte du réel selon des modalités qui me sont totalement étrangères. Je pourrais écrire une thèse sur la résurgence du manichéisme dans les milieux évangéliques américains – si tant est qu’il avait jamais disparu. Il semble bien que l’optimisme qui avait accompagné l’expansion de la puissance du pays a reflué pour laisser la place aux vieux démons (c’est le cas de le dire).

Chez les Mormons

Mercredi était un jour pluvieux et parfait pour découvrir le nouveau Visitors’ Center du Temple de la LDS Church à Mesa, qui a remplacé l’ancien bâtiment.

De ses fenêtres on voit le temple et Pioneers’ Park. Plus qu’un office du tourisme, c’est un centre de recherche généalogique pour lesquelles les Mormons sont célèbres. Outre les espaces ouverts qui présentent leur foi, des fauteuils et des canapés, ainsi que de petits salons confortables, sont mis à la disposition des visiteurs. Il y a aussi de nombreux ordinateurs en libre service, des imprimantes, et des cubicules munis de prises pour ceux qui souhaitent s’isoler.

Jésus est très présent, immense et apaisant. Des grands panneaux vous permettent d’appréhender les intérieurs du Temple auquel les étrangers à la foi ne peuvent pas accéder, comme les salles d’instruction, la « sealing room » où sont célébrés les mariages, et la « celestial room », quand on a atteint le degré suprême degré d’initiation qui ouvre à la contemplation des secrets ultimes. Elle est jaune. Tout est impeccable et géométrique, et les gens qui vous accueillent d’une gentillesse exquise.