Un article du journal local reprenait aujourd’hui l’histoire d’une infirmière qui avait connu une heure de gloire pour avoir été prise en photo par un reporter alors qu’elle se tenait silencieusement dans sa tenue professionnelle devant un manifestant venu protester devant le Capitole en avril 2020 contre les mesures prise par le gouverneur pour tenter de maîtriser l’épidémie. Dieu sait pourtant qu’il n’en a pas pris beaucoup, et pas très longtemps.
Une de ses remarques m’a frappée: à l’époque on ne savait presque rien sur le virus. Concrètement, toutes les activités se trouvaient à l’arrêt, les gens mouraient mais à part le personnel des hôpitaux on ne le voyait pas. I know, I live such a sheltered life. D’où l’incompréhension et la colère qui dans la manifestation se traduisaient par des insultes à l’encontre des infirmières qui témoignaient par leur présence de la gravité de la situation et de la nécessité de faire quelque chose.
L’incertitude est le mot clé. Celle-ci, comme le doute, est insupportable pour de nombreuses personnes. Un des grands reproches que les conservateurs font aux progressistes (pour faire simple), est ce qu’ils appellent l’incohérence des mesures, et par extension de la science. Il leur est inconcevable que « la science » n’offre pas des explications et des solutions valables une fois pour toutes, comme, vous le devinez, la Bible.
Peu importe qu’un examen attentif montre que le Livre est le résultat d’un processus de rédaction et de révision multi-séculaire, qui témoigne d’une recherche spirituelle intense, pour eux il n’est rassurant que s’il est tenu pour vrai en bloc et dans sa totalité dans sa forme retenue par l’église à laquelle on appartient.
Malheureusement cette conception aboutit à un appauvrissement de la pensée et je le crains, de la vie spirituelle même, qui risque de se trouver figée dans un conservatisme qui renvoie des siècles en arrière. Avec pour effet de se couper non seulement du monde que l’on considère comme mauvais, mais aussi des gens que l’on est censé amener à se convertir. Il faut beaucoup de délicatesse pour maintenir le lien et éviter que la peur de l’incertitude empêche toute communication.
Voici deux images de l’arboretum qui remonte toujours le moral.