Si vous ne connaissez pas l’origine de l’université de Stanford, une exposition au Cantor Art Center vient rappeler qu’elle a été fondée par les parents de Leland Stanford Junior, qui mourut de la typhoide à Florence en 1884. Sans le décès de ce jeune homme à l’âge de 15 ans, il n’y aurait peut-être pas de Silicon Valley ni la pépinière d’innovations qui ont changé le monde.
Leland Stanford avait commencé à collectionner toutes sortes d’objets dès 14 ans, grâce à la fortune considérable de sa famille, et visitait l’Europe pour la deuxième fois quand il disparut.
« The Melancholy Museum », conçu par un artiste, Mark Dion, pour commémorer ce décès, comprend une sombre et massive vitrine victorienne qui présente une partie de la collection de Leland, des oiseaux empaillés, des mortiers et des pilons indigènes, des maquettes de bateaux, des armes et des répliques de diamants célèbres, entre autres choses. Au centre de ce cabinet de deuil trône son portrait.

L’ambition de ses parents était aussi de créer le plus grand musée privé du monde pour honorer sa mémoire. Il existe actuellement environ 6000 objets qui ont survécu au deux tremblements de terre qui ont secoué la région de San Francisco. Mark Dion a aussi choisi de montrer une pelle, un bâton de dynamite et les fiches de paie des ouvriers qui travaillaient sur la propriété des Stanford. La fortune des Stanford s’est bâtie sur la vente des outils dont les chercheurs d’or avaient besoin, comme aujourd’hui elles se font en vendant des bases de données et les tuyaux où celles-ci circulent. Une méditation sur la confluence entre une tragédie personnelle et les mouvements de l’histoire.